Exercices internationaux de l’armée : une année en demi-teinte

Démonstration de tir au Mortier 19 de 8,1 cm pour les militaires du 35e Régiment d'infanterie français par les troupes du Bat Inf Mont 7, le 9 février 2026 à l'Hongrin, @Bat Inf Mont 7

Comme chaque année, le Conseil fédéral publie la liste des exercices auxquels l’armée suisse prendra part, soit dans le cadre de coopérations bilatérales, soit dans celui du Partenariat pour la paix (PPP) de l’OTAN.

Nous n’allons pas ici faire la recension de chacun, le DDPS le faisant très bien lui-même. Notons simplement que près d’une trentaine d’exercices se dérouleront dans un cadre bilatéral, en Suisse comme à l’étranger, et que 10 se dérouleront sous l’égide du PPP. Ces derniers concerneront notamment la cyberdéfense, les capacités de commandement, la logistique et la lutte chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN).

Les exercices bilatéraux se tiendront dans toute l’Europe, et notamment au Danemark, en Allemagne, en Italie et en Espagne pour les nations les plus représentées. Quelques militaires se rendront également aux États-Unis pour entraîner la cyberdéfense et le combat aérien, accompagnés d’un de nos F/A-18.

La plupart de ces manœuvres ne mobilisent qu’une poignée d’officiers de carrière, le maximum de troupes helvètes envoyées à l’étranger se montant à 60, dans le cadre de l’exercice cyber LOCKED SHIELDS à Kalkar en Allemagne. Comme déjà relaté, 50 officiers participeront prochainement à l’exercice ORION 26 en France.

L’année 2026 sera donc passablement sobre du point de vue de l’instruction en Suisse. Pas de grand exercice comme PILUM 22, LUX 23 ou TRIAS 25. Seuls les entraînements en collaboration avec la France permettront à la milice de changer quelque peu des cours de répétition classiques, et d’acquérir, nous l’espérons, des savoir-faire inédits.

Les échanges avec les armées professionnelles sont certainement très enrichissants, mais il serait peut-être pertinent d’en mettre un plus grand nombre sur pied avec d’autres nations ayant également recours au service militaire, de manière à observer concrètement comment celui-ci est pratiqué à l’étranger, et voir ce qui peut être repris ou adapté sous nos latitudes. En effet, parmi toutes les nations évoquées dans les exercices internationaux annuels, seuls le Danemark, la Grèce et la Suède disposent de conscrits, et partagent donc, au moins en partie, nos problèmes dans le domaine de l’obligation de servir.

Le renforcement des capacités de combat de notre armée sera donc relativement restreint cette année. Nos officiers professionnels ne se rendent, comme déjà dit, qu’en nombre limité aux différents exercices internationaux tandis que nos conscrits devront attendre TRIAS 27 pour effectuer à nouveau une manœuvre de grande ampleur. Difficile dans ces conditions de travailler le combat interarme, que ce soit pour la troupe ou l’état-major, ou tout simplement d’augmenter le niveau général d’instruction.

Il est à notre sens nécessaire que des exercices importants soient mis sur pied chaque année. Ceux-ci impliquent évidemment des ressources humaines pour leur planification, et financières et matérielles pour leur mise en œuvre, mais ce n’est qu’à ce prix que nos militaires disposeront du niveau d’instruction nécessaire à la conduite de la guerre moderne.

Sources :

Communiqué de presse du DDPS, 11.02.2026 : https://www.vbs.admin.ch/fr/newnsb/vgvmvfIvocGPE4ZxHscuH

DDPS, Collaboration en matière d’instruction militaire : Programme 2026 des exercices internationaux de l’armée, sans date : https://cms.news.admin.ch/dam/fr/der-schweizerische-bundesrat/v7583c380gjj/Programme_2026_des_exercices_internationaux_de_l_armee.pdf